D'où vient l'argent du monde, qui le fait circuler, où il s'investit, et pourquoi quand une chose bouge — le pétrole, les taux, le dollar — tout le reste bouge aussi.
C'est le patrimoine des ménages du monde entier (UBS, fin 2024). Tout part de là : chaque compte en banque, chaque assurance-vie, chaque cotisation retraite est une goutte de cet océan. Cette page suit les courants qui le traversent.
Avant de circuler, l'argent est stocké quelque part. Les financiers appellent ça des « classes d'actifs » : des grandes familles de choses qu'on peut posséder. Voici la taille de chaque réservoir.
Surprise : le plus gros réservoir n'est ni la Bourse ni la dette, c'est l'immobilier — surtout les logements des gens, détenus en direct, hors des marchés. Ensuite viennent les obligations (la dette des États et des entreprises, découpée en titres qui s'échangent) puis les actions (des petits morceaux de propriété des entreprises).
Un réservoir se mesure en « ce qui est possédé » ; un débit, en « ce qui circule chaque jour ». Le marché des changes ne stocke presque rien — mais il fait transiter en trois semaines l'équivalent de toutes les actions du monde.
L'argent des familles ne va presque jamais directement à la Bourse. Il passe par des intermédiaires : la banque (ton compte courant), la caisse de retraite (les cotisations), l'assureur (l'assurance-vie), les fonds d'investissement. Chacun le replace ensuite dans les réservoirs du chapitre 1. Suis les rubans :
Six familles d'acteurs se partagent la machine. Choisis une famille pour voir ses champions — et note que chaque famille joue un rôle différent : la banque prête, l'assureur promet, le fonds de pension prépare les retraites, le gérant d'actifs place pour les autres, le fonds souverain investit pour un État, le hedge fund parie.
La machine grossit plus vite que l'économie réelle. Trois moteurs : les marchés montent (l'argent placé « travaille »), l'épargne mondiale s'accumule (retraites, émergents), et la gestion se concentre chez quelques géants. Regarde BlackRock : ×30 en vingt ans.
Voici le cœur de la machine : la carte des influences. Chaque flèche est une chaîne de transmission réelle. Clique sur un nœud pour lire ses connexions, ou lance un scénario pour voir une onde de choc se propager, étape par étape.
Clique sur un nœud (par ex. « Dollar US ») pour voir qui l'influence et qui il influence. Ou lance un scénario ci-dessus : la machine s'animera pas à pas.
La boucle de l'inflation. Pétrole ↑ → tout coûte plus cher → la banque centrale monte ses taux pour calmer le jeu → le crédit se raréfie → l'économie ralentit → le pétrole redescend. La machine se régule… avec du retard et de la casse.
La boucle du dollar. Taux américains ↑ → le monde achète du dollar → le dollar monte → les pays endettés en dollars étouffent → panique → tout le monde se réfugie… dans le dollar. Le privilège américain : la monnaie de la peur est aussi la leur.
La boucle de la peur. La Bourse chute → les prêteurs se méfient → le crédit se ferme → les entreprises coupent → les profits baissent → la Bourse chute. C'est pour casser cette spirale que les banques centrales interviennent en pompier.
Les chiffres viennent des meilleures sources publiques, mais leurs dates (2024–2025) et leurs périmètres diffèrent, et certains se recoupent (l'argent d'une caisse de retraite géré par BlackRock est compté deux fois). Lis tout comme des ordres de grandeur fiables, pas comme une comptabilité au centime.